Le stress du chien

Tu manges ou tu ne manges pas

Les événements de la vie de nos compagnons peuvent perturber leur équilibre : ils doivent faire face et s’adapter à la nouvelle situation. Le comportement alimentaire est l’un des comportements très fragiles (avec le jeu et la reproduction) qui sera très rapidement modifié par toute altération des réactions émotionnelles. Lors de troubles avérés, les vétérinaires se servent d’ailleurs souvent des signes liés à la prise de nourriture pour comprendre ce qui peut se passer.

Le stress du chien

Le stress est un état de perturbation de l’équilibre physiologique et émotionnel de l’animal suite à une modification significative de son environnement. Ce stress ne produit pas forcément de réactions négatives. Lorsque, par exemple, un chien ou un chat est agressé, tout son organisme modifie brutalement son fonctionnement pour privilégier la réaction de défense : la pupille se dilate pour favoriser la vision, les battements cardiaques s’accélèrent, le sang est distribué de façon préférentielle vers les muscles et le cerveau, du glucose est libéré pour mettre un maximum d’énergie à la disposition des organes. Par des chaines de réactions nerveuses et hormonales, tout est mis en oeuvre pour s’échapper ou se défendre. Si ce stress dure peu longtemps ou bien si la réaction de l’animal permet de retrouver un équilibre avec la nouvelle situation, il n’y a aucune conséquence.

A ce stade, la prise de nourriture n’est plus une priorité : l’appétit disparait, le tube digestif doit être vide pour privilégier les autres organes. Le comportement alimentaire est véritablement mis en veille, mais de façon très temporaire.

Si par contre, l’équilibre tarde à être rétabli, les réactions neuro-hormonales sont mises en jeu de façon exagérées et produisent des effets secondaires néfastes, puis s’épuisent. Il faut alors faire attention aux risques d’immunodépression.

Si le stress concerne une situation bien particulière et ponctuelle, le stress fait place à la peur qui concentre sur un objet ou un environnement sensoriel ciblé : on parle alors de phobie. Seule la cause, en général bien identifiée, va déclencher une réaction de stress très exagérée.

Ce type de stress n’a en général pas d’effet sur le comportement alimentaire car il reste ponctuel même s’il peut être « violent ». Pas d’effet sauf si la cause de la phobie se déclenche au moment de la prise de nourriture (la gamelle à côté d’une machine à laver, d’une chaudière qui se déclenche…) : l’animal apprend alors à associer sa phobie à l’aliment et il refusera tous ses repas tant que la cause de la phobie n’a pas disparu.

Si la situation perdure ou ne peut être corrigée, le chien ou le chat finit par étendre sa réaction de stress à toute sa vie, tous les événements : c’est la généralisation à l’issue de laquelle nos animaux de compagnie finissent par anticiper. Cette notion, apparemment irrationnelle, de « stress avant même que cela ne se passe » est le principe fondateur de l’anxiété. Cette anxiété a des effets extrêmement néfastes aussi bien sur la santé mentale que sur l’état physique. Pour apaiser ce malaise profond, nos amis canins et félins trouvent alors des soupapes de soulagement.

Des crises soudaines qui déchargent l’accumulation des stress : cela concerne peu le comportement alimentaire mais plutôt l’agressivité · Des activités de substitution qui détournent l’énergie négative en apaisant: la prise de nourriture est là très souvent affectée, car le chien va devenir boulimique ou potomaniaque (il boit énormément au-delà de ses besoins). Le chat va se mettre à téter des objets d’attachement. A noter qu’on trouve aussi des jeux ou des courses incessantes, des léchages intempestifs de la peau ou des griffes. · La dépression, qui est plutôt un renoncement : cet abandon de soi conduit à un arrêt total de toute prise d’aliment, chez le chien comme chez le chat. Le retour à un comportement infantile va même conduire à l’ingestion d’objets non comestibles (on parle de pica).

Le cas particulier de l’abandon ou de l’absence prolongée du propriétaire du chien

Il est facile de comprendre que l’abandon ou l’absence prolongée du propriétaire (départ en vacances, ou pire, décès) est une situation stressante qui perdure. Elle conduit souvent directement à des états dépressifs qui suppriment toute prise alimentaire. C’est bien sûr ce qui alerte immédiatement les personnes qui recueillent le pauvre compagnon en détresse. Ils parlent d’un animal qui se laisse mourir de faim, se plaint et ne dort même plus. Audelà de quelques jours, et surtout si l’eau est aussi refusée, il n’y a souvent pas d’autres choix que consulter le vétérinaire traitant pour donner un antidépresseur car c’est une urgence. Attention, ce passage à la dépression peut être progressif avec un appétit qui devient irrégulier en diminuant et un sommeil qui augmente.

Lorsque la voie des activités de substitutions est prise, elles aboutissent à des situations délirantes vues de l’extérieur : · Le chien va manger de façon démesurée, sans savoir s’arrêter (et prendre très rapidement du poids !). Et il ne se fera pas vomir !!… · Il ne va manger qu’en présence d’une personne, ou même que si on lui donne à la main ! Ces rituels apaisants se multiplient et deviennent lourds à gérer car, s’ils s’installent rapidement, ils sont très difficiles à effacer. Il ne faut surtout pas rentrer dans le jeu comme donner des friandises à chaque fois qu’on part pour se déculpabiliser, ou bien lui préparer des petits plats pour stimuler l’appétit perdu. Bien manger ne veut pas non plus dire « être heureux ». Il ne faut pas donner de nouveaux privilèges à l’animal en détresse : comme accepter qu’il mange à table, en même temps ou bien la même chose, ou encore le supplier de manger en restant près de lui. Vous allez créer des rituels que vous aurez beaucoup de mal à supprimer, et c’est vous qui allez finir par déprimer !

Faites confiance aux experts de Husse lorsqu’ils vous conseillent sur la gestion des événements de la vie affective de votre ami canin ou félin, pour un bonheur au quotidien !